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Se peut-il qu’un artiste qui a toutes les qualités requises pour faire un « Grand artiste » reste méconnu – ou si peu connu – aujourd’hui, en ces temps de surcommunication, de surinformation, de surmédiatisation, à l’heure d’internet et de ses réseaux planétaires ?
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Se peut-il que les artistes qui produisent de l’émotion, du plaisir esthétique et, de surcroît, qui procurent un certain bonheur par leurs œuvres, soient irrémédiablement condamnés par le « marché » et le star-system médiatico-élitiste du Grand Barnum de l’art dit Contemporain ? Un « milieu » qui ne valorise que les fausses dénonciations, les fausses révoltes, les fausses transgressions, les idées simplistes (baptisées concepts…) pourvu que ces « manifestations » soient spectaculaires et médiatiques.

Est-ce normal que les institutions d’État, imitées par les structures locales soi-disant décentralisées (DRAC, FRAC…), ces « administrations » qui sont censées défendre et promouvoir la Culture pour tous, n’accordent pas même un regard au travail des artistes qui ne se coulent pas dans ce moule-carcan ?

On doit malheureusement répondre oui à ces questions et le « cas Ferrara » est à ce titre exemplaire.

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© Roger Ferrara

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© Roger Ferrara

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© Roger Ferrara

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© Roger Ferrara

À 75 ans passés, Roger Ferrara a derrière lui (et devant on l’espère !) une œuvre importante, constante et ORI-GI-NALE. Une œuvre variée, multiple, mais immédiatement reconnaissable, bref, un STYLE qui n’appartient qu’à lui. Il y a une manière Ferrara, une matière Ferrara, un trait Ferrara, des couleurs Ferrara, une « ambiance » Ferrara, un univers Ferrara…

Car il y a un UNIVERS Ferrara. Un univers poétique et onirique, étrangement calme et reposant dans ses peintures, grouillant et foisonnant dans ses dessins. Ses personnages, mi-hommes, mi-animaux, mi-machines, qui souvent échangent, offrent ou s’offrent, paraissent à première vue apaisants ; pourtant, de nombre de ses œuvres émane un érotisme subtil, quelquefois une douleur voilée, une joie esquissée, une critique sociale sous-jacente, comme en creux…

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© Roger Ferrara

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© Roger Ferrara

Mais n’est-ce pas là sa faute ? Où d’autres dénoncent avec véhémence, crient et vocifèrent, lui, préfère évoquer, suggérer, peindre l’ambiguïté que chacun de nous porte en lui, laisser jouer nos sensations, frôler notre inconscient… Le fait-il consciemment ou instinctivement ? Cela n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est qu’il remue en nous des impressions et des émotions où la joie simple et le trouble se mêlent.

Ferrara n’est certainement pas un réaliste, mais ce n’est ni un naïf, ni un Singulier, même si cette mouvance artistique l’a accueilli puisque sa peinture n’entrait dans aucune des cases artistiques reconnues. Cela devrait aussi être un critère de reconnaissance, et bien non ! N’étant d’aucune coterie, d’aucune chapelle, d’aucun mouvement labellisé, il n’y a personne pour défendre son œuvre. Si l’on ajoute à cela sa modestie maladive et son incapacité viscérale à jouer les « public relation », le voilà mal parti pour la gloire.

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© Roger Ferrara

Malheureusement, cette manière d’être et de peindre ne le rend pas audible – et visible — dans une société où seul le spectaculaire, la valorisation marchande et l’intégration à un mouvement à la mode comptent, où l’auto-affirmation bien médiatisée tient lieu de génie.

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© Roger Ferrara

Ferrara est le peintre d’un certain bonheur, du moins en apparence. À première vue, sa peinture « fait du bien », apaise, berce… C’est le type de peinture dont l’art dit contemporain, ses « élites » autoproclamées et ses technocrates de la culture fonctionnarisés ont horreur, méprisent, ou pire, ignorent ostensiblement. Pourtant, le succès populaire et universel jamais démenti des Impressionnistes montre que le bonheur, y compris en peinture, reste un besoin fondamental dans le cœur des peuples.

Loin du mythe éculé des « avant-garde » et de la posture affectée de l’artiste « maudit », méprisant le genre « artiste-entrepreneur », ignorant les bateleurs de l’art et les « managers » de la culture, Ferrara édifie tranquillement, en solitaire, jour après jour, une œuvre picturale véritablement originale dans sa matière et son dessin, et profondément humaine dans son inspiration. Lorsqu’il expose, son succès auprès des enfants et des gens « ordinaires » devrait nous alerter, la peinture qui parle et aux yeux et au cœur, autant sinon plus qu’à l’esprit, a encore un avenir.

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© Roger Ferrara

Roger Ferrara. Dessin aux crayons.

© Ferrara. Dessin aux crayons.

peinture Roger Ferrara.

© Ferrara.

A voir les galeries Ferrara :
Ferrara 1
Ferrara 2
Le blog de Ferrara : ferrara13

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3 réflexions sur “Le cas Ferrara

  1. superbe!! analyse, j’en aime le discours aussi poétique que mes oeuvres ce qui leur va bien c’est l’enbiguité de cette analyse qui rejoint l’embiguité de l’oeuvre acomplie et à venir. Grendement merci à toi l’ami. ciao.. ciao…

  2. Nous qui connaissons ,admirons et aimons l’oeuvre si belle si poétique ne pouvons que trouver ton analyse parfaite.
    Je suis bien contente de ce coup de gueule très poli mais bien senti que tu réserves à ces faiseurs de culture aseptisée , qui trop heureux de pontifier , ne font montre que d’un manque cruel de tout sens réel du beau et d’un vide de l’âme sidérant.
    Que Roger continue à nous enchanter par la fraîcheur de ses oeuvres , un jour, que j’espère proche, justice lui sera rendue.

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