Home

Les Rencontres de la Photographie. Arles 2016. Du 4 au 10 juillet. Expositions jusqu’au 25 septembre.

Cette année les tendances décelées l’an dernier se confirment : retour à la photo-photo, retour aux images qui racontent des histoires d’hommes, de femmes (…et d’entre-deux) et de société, retour aux paysages impressifs ou expressifs, retour au reportage humain, bref, retour au cœur de la PHOTOGRAPHIE.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Mur photo : Toiletpaper (Maurizio Cattelan & Pierpaolo Ferrari). Photo : Serge Panarotto.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Mur photo : Toiletpaper (Maurizio Cattelan & Pierpaolo Ferrari).

Shooting autour de la photographe Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Photo : Serge Panarotto.

Shooting autour de la photographe Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

Espace Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016. © Serge Panarotto.

Espace Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

 

Côté supports, retour aux formats papier « classiques », dont beaucoup de petits formats, et – restons toutefois connectés – confirmation des écrans de toutes tailles. La vidéo, présente, n’a pas phagocyté l’image fixe ; elle a pris place à ses côtés et, désormais, l’une et l’autre s’appellent et se répondent sans s’affronter mais en se complétant.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Photo : Serge Panarotto.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Photo : Serge Panarotto.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

On déambule toujours dans quelques grandes mises en espace, mais elles sont au service de l’image ou du propos photographique. Les mises en scène s’auto-sublimant, les « concepts » auto-centrés sur leur vide esthétisant, les formats XXXLLL n’ayant d’autre raison d’être que leur taille, les séries répé-répé-répétitives et les flouZartistiques décadrés, n’ont pas totalement disparu, mais ils ne font plus l’esthétiquement « correct » du festival, leur mode (…comme une mayonnaise) semble avoir tourné.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Photo : Serge Panarotto.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Photo : Serge Panarotto.

Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

Côté invités, pas de grande découverte, mais une confirmation : Don Mcculin, à la chapelle Sainte-Anne. Sous le reporter de guerre trop connu apparaît le grand photographe moins connu, celui qui donne à voir avec respect, émotion (et beauté !) la misère sociale, celui qui magnifie des paysages de landes ou de banlieue aussi bien que les grands sites archéologiques.

DON MCCULLIN. Petit matin, West Hartlepool, comté de Durham, 1963. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Hamiltons Gallery, Londres. / Early Morning, West Hartlepool, County Durham, 1963. Courtesy of the artist and Hamiltons Gallery, London. [Dossier de presse]. Rencontres de la photographie, Arles 2016.

DON MCCULLIN. Petit matin, West Hartlepool, comté de Durham, 1963. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Hamiltons Gallery, Londres. [Dossier de presse].

La seule révélation – pour moi – vient d’Afrique du Sud, c’est la jeune photographe noire Zanele Muholi. Photographe et modèle, ses autoportraits sont d’une force troublante. Imaginatifs et d’une rigoureuse beauté, ils me touchent car ils laissent transparaître une âme farouche et profonde et me donnent l’impression d’approcher son monde, tout en maintenant la distance du respect et du mystère.

© Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016. [extrait de dossier de presse].

© Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016. [photo extraite du dossier de presse].

Photo Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016. © Serge Panarotto.

Photo Zanele Muholi. Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

En cette année 2016, alors que nous sommes toujours affectés par les traumatismes causés par les attaques criminelles subies en 2015, les massacres de Charlie-Hebdo et du Bataclan, et plus récemment, cette année, par la tuerie d’Orlando, c’est avec reconnaissance que je constate que les Rencontres photographique ont fait une belle place à la liberté d’être, de penser et de s’exprimer, avec les expositions Mauvais genre et Hara Kiri photo.

Expo "Hara Kiri photo". Rencontres de la photographie. Arles, 2016. Photo Serge Panarotto.

Expo « Hara Kiri photo ». Rencontres de la photographie. Arles, 2016.

Mauvais genre. 100 ans de photographies d’amateurs pour explorer le monde des travestis et des trans-genre, mais aussi les inversions de genre lors des fêtes populaires (carnavals), ou dans la sphère privée. Où l’on découvre que si certains ont brisé les barrières « naturelles » et s’affichent, chez beaucoup d’entre-nous l’attirance pour cet « autre monde » est inavouée et la frontière quelquefois floue.

COLLECTION LIFSCHITZ (MAUVAIS GENRE). Prisonniers de guerre français dans le camp allemand de Königsbrück, mention au dos : « Kriegsgefangenen-Sendung », vers 1915. Rencontres de la photographie. Arles 2016. [Dossier de presse].

COLLECTION LIFSCHITZ (MAUVAIS GENRE). Prisonniers de guerre français dans le camp allemand de Königsbrück, mention au dos : « Kriegsgefangenen-Sendung », vers 1915. Rencontres de la photographie. Arles 2016. [Dossier de presse].

Impertinence salée, liberté sans limites, humour gras et décapant, Hara Kiri le magazine a TOUT osé et c’est avec réjouissance que j’ai redécouvert ces couvertures et ces images qui ont marqué ma jeunesse et, pour tout vous dire, m’ont décoincé, contribuant à desserrer l’étreinte d’une éducation catho-populaire et puritaine. Mais, cette exposition nous permet aussi de mesurer à quel point, en 2016, la liberté d’expression (…et de penser, et de vie) est en recul par rapport à cette période qui va de la fin des années 60 aux années 80, où un vent de Liberté a soufflé en continu, quelquefois en zéphir, quelquefois en bourrasque, sur la société occidentale, et dans le corps, et dans la tête des individus. Ces images et ces propos, il n’est plus possible aujourd’hui de les produire publiquement sans subir l’anathème des « bien pensants » (rejoints, hélas par les «intellos»), mais surtout sans risquer la mort infligée par des fanatiques.

Expo "Hara Kiri photo". Rencontres de la photographie. Arles 2016. Photo Serge Panarotto.

Expo « Hara Kiri photo ». Rencontres de la photographie. Arles 2016.

Expo "Hara Kiri photo". Rencontres de la photographie. Arles 2016.

Expo « Hara Kiri photo ». Rencontres de la photographie. Arles 2016.

À noter enfin, cette année, la montée en puissance d’un vrai festival off et la vitalité des écoles et des stages de photo. Un off a toujours existé à Arles mais, jusqu’à présent, il était plutôt discret et marginal. Désormais, suivant en cela l’exemple d’Avignon, il s’affirme et s’impose, avec un QG central – l’Archevêché – un programme dédié, et une multiplication des lieux : salles diverses, galeries éphémères (…ou pas), boutiques, restaurants, caves et même les trottoirs !

Images de rue. Rencontres de la photographie. Arles 2016. Photo Serge Panarotto.

Images de rue. Rencontres de la photographie. Arles 2016.

Off. La photographe de jazz Sophie Le Roux dans sa cave-galerie. Arles 2016. Rencontres de la photographie. Photo Serge Panarotto.

Off. La photographe de jazz Sophie Le Roux. Arles 2016. Rencontres de la photographie.

Photographes confirmés, étudiants et amateurs éclairés forment un vivier grouillant de talents dont je n’ai, hélas, pu explorer qu’une petite partie. Oui, la photographie, et plus largement l’image fixe et/ou mouvante, est bien vivante et c’est à Arles, l’été, qu’on peut se nourrir de sa réalité qui n’est pas que virtuelle : vous en prendrez « plein la vue » et vous rencontrerez les femmes et les hommes qui font l’image.

Rencontres de la photographie. Arles 2016. L'affiche.

Rencontres de la photographie. Arles 2016.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s