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Pour ceux qui s’intéressent, au-delà des clichés consensuels ou des critiques convenues, aux rapports entre science et technique, science et société, science et pouvoir, science, recherche et enseignement, un excellent livre est paru en 2011 :
La science gouvernée. Essai sur le triangle science/techniques/pouvoir, de Jean-Paul Malrieu (collection Rue des Gestes, Librairie Ombres blanches, Toulouse).

La science gouvernée. 2011. Librairie Ombre Blanche. Toulouse.

La science gouvernée. 2011. Librairie Ombre Blanche. Toulouse.

Cet ouvrage est excellent parce qu’il est clair, clair dans l’identification des problèmes, clair dans leur énoncé, clair dans leur exposition et leur explication. Un livre indispensable pour analyser et penser la révolution technologique que nous vivons – et subissons – , ses liens avec la société et la mondialisation libérale de l’économie ; indispensable pour comprendre les relations – et les enjeux – entre science/recherche/technique et cet hybride de plus en plus dominant : la technoscience ; indispensable car il dévoile la pression des pouvoirs économiques et politiques pour assujettir la recherche à leurs fins (marchandatisation et contrôle sécuritaire) ; indispensable car il pose la question du (non) pouvoir des citoyens face au couple technoscience-économie marchande qui impose et modèle nos modes de vie.

Jean-Paul Malrieu est physicien. Ses travaux se situent à la frontière entre la physique et la chimie. C’est aussi un des fondateurs, dans les années 1970, de la revue Survivre et Vivre qui a éveillé à la conscience écologique le monde scientifique et participé à la création de l’écologie politique. C’est également un observateur original des faits sociaux et un analyste lucide qui, dans un livre écrit juste avant 2008, Dans le poing du marché. Sortir de l’emprise libérale (2008, chez le même éditeur), dénonçait la domination de l’idéologie néolibérale sur nos sociétés (donc sur notre vie…) et les dangers que la prégnance de la finance sur l’économie réelle faisait courir au monde.

Le seul reproche que l’on peut faire à Malrieu c’est qu’il évoque, dans ses deux livres, un « mur écologique » qui viendrait contrarier les scénarios idylliques de développement de la société libérale occidentale, sans qu’il ne précise ses analyses et sa pensée sur le sujet. Sachant sa conscience de l’écologie, puisqu’il en fut un des initiateurs, et connaissant sa capacité à articuler simplement des problèmes complexes, nous nous sentons un peu frustrés. Mais, peut-être, ce sujet fera-t-il l’objet d’un autre livre (c’est une suggestion…).

Malrieu lors d'un débat sur le film d'Hervé Nissic consacré au mathématicien Alexandre Grothendieck : L'espace d'un homme.

Malrieu lors d’un débat organisé par le CLAP 73, en avril 2013, à Marseille. Sujet : « L’espace d’un homme » un film d’Hervé Nissic consacré au mathématicien et écologiste Alexandre Grothendieck.

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